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Schinkel et l’invention de la ville-paysage

Florian Hertweck, “Schinkel et l’invention de la ville-paysage”, in Marnes, no 3/2014, 237-275.

L’œuvre de Karl Friedrich Schinkel a bénéficié d’une fortune critique continue mais parfois contradictoire. Romantique et classiciste, architecte et peintre, créateur de scénographies, de mobilier et du casque à pointe, dessinateur de panoramas, de dioramas et même d’une ville entière, il a servi de référence au mouvement moderne orthodoxe aussi bien qu’aux architectes postmodernes. Dans les années 1980, les avocats de la « reconstruction de la ville européenne » le saluent comme un architecte toujours soucieux du tissu urbain dans lequel il aurait subtilement intégré ses bâtiments. Depuis deux décennies, une autre lecture de l’œuvre urbanistique de Schinkel est apparue. A l’inverse de la précédente, elle voit en Schinkel un architecte qui cherchait systématiquement à isoler ses bâtiments du tissu existant, voie à dissoudre la ville existante et à la remplacer par une nouvelle configuration que l’on a désignée en allemand sous le nom de Kulturlandschaft puis de Stadtlandschaft, et que nous traduirons ici par ville-paysage. Ce n’est pas un hasard si cette nouvelle lecture historique a accompagné un changement de paradigme dans le discours sur la ville, qui a abandonné le dogme de la « ville compacte » pour des approches plus paysagères et plus polycentriques comme la Zwischenstadt (Thomas Sieverts) ou la città diffusa (Bernardo Secchi). Nous nous proposons de résumer et d’illustrer cette approche de Schinkel pour retracer ensuite son influence sur l’émergence d’une synthèse conceptuelle entre ville et campagne, culture et nature. Nous verrons en effet que les déclinaisons post-industrielles de la ville-paysage procèdent largement de cette idée du 19e siècle.

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